À quoi sert le muret qui se trouve dans l'eau au bord du Rhône, vers le sentier des Jardins-du-Rhône, en aval du viaduc de la Jonction, et de quand date-t-il ?

À quoi sert le muret qui se trouve dans l'eau au bord du Rhône, vers le sentier des Jardins-du-Rhône, en aval du viaduc de la Jonction, et de quand date-t-il ?


Réponse

Bonjour,

Nous vous remercions d'avoir fait appel au service Interroge, voici le résultat de nos recherches :

Le muret qui vous intéresse semble se trouver à cet emplacement, sur les berges du Rhône, autour d'une roselière, vers le sentier des Jardins-du-Rhône et dans la réserve des Jardins-du-Rhône.

Dans notre réponse à la question du 24 avril 2024 – « Quelle est l'histoire de la rangée de platanes située au bord du Rhône au bas du Nant Cayla ? Quand ont-ils été plantés et y avait-il un chemin à cet endroit ? Et qu'en est-il du gigantesque séquoia au milieu de la forêt ? » – nous lisons en fin de réponse :

Jean-Pierre Chervaz, architecte-paysagiste au Service des espaces verts de la Ville de Genève (SEVE), est un bon connaisseur du quartier de Châtelaine. M. Chervaz a reçu l'information d'un ancien propriétaire (aujourd'hui décédé) de la Campagne Masset – la propriété immédiatement à l'ouest de la Campagne Cayla – que son grand-père avait planté les platanes au bord du Rhône. Monsieur Chervaz estime qu'ils ont été plantés dans les années 1870-1890. Les platanes sont selon lui particulièrement adaptés aux bordures des cours d'eau, car ils ont besoin de beaucoup d'eau. Par ailleurs, ils supportent très bien les zones inondables, ce qui est le cas ici comme le montre la photo aérienne du site de la Carte interactive des arbres genevois. Il ajoute qu'il n'y a pas eu volonté de créer un alignement d'arbres mais plutôt de boiser les bords du Rhône.

Afin de vous répondre au mieux, nous avons pris contact avec l'Office cantonal de l'eau (OCEau). Un spécialiste de l'Unité coordination des préavis de l'OCEau nous a informé-es que cette réalisation a été autorisée en 1999 dans le but de réaliser une frayère (zone de ponte) ainsi que l'aménagement de la terrasse de Sous-Cayla. Une zone d'enrochements permet également de casser le débit et de créer une zone d'eaux calmes. Cette réalisation s'inscrit dans le cadre des mesures compensatoires liées à la modification de la concession du barrage de Verbois. En effet, avec la nouvelle concession d'exploitation, le débit d'équipement est augmenté à 620 m³/s. Les variations de débit modifient le niveau d'eau. De ce fait, cette réalisation permet également de réduire les risques d'inondation.

Comme le confirme le site Genève à la carte, les photos aériennes jusqu’à 2001 ne montrent pas le mur en question. C’est dans les images aériennes de 2012 que le mur apparaît sur le Rhône à cet emplacement.

Vous trouverez des références à ce type d'installations dans la Fiche-rivière n°9 sur Le Rhône disponible sur la page Mini-guides sur les rivières du canton de l'OCEau :

« Le côtoiement au bord du Rhône de bois, de roselières, de gravières, d’étangs et de prairies sèches sur de faibles espaces, est à l’origine d’une grande variété faunistique. C’est ce que l’on appelle "l’effet de lisière". »

Puis, nous lisons en page 38 ce qui suit :

« Le Rhône, émissaire du Léman, présente une faune piscicole bien diversifiée dans son secteur urbain. Malheureusement, l’arrivée de l’Arve, la présence de deux barrages hydroélectriques et leurs purges triennales pénalisent le développement des populations de poissons en aval de la Jonction. Le régime du fleuve est plus lent que s’il coulait dans son lit naturel et cela favorise plutôt le développement des cyprinidés, de la perche et du brochet à la place des salmonidés (truites).
Dans le cadre du suivi biologique lié à la construction du barrage du Seujet, effectué de 1987 à 1995, 25 espèces de poissons ont été recensées dans le Rhône urbain, entre la Rade et la Jonction. Cela représente un peu plus de la moitié des 45 espèces et sous-espèces constituant la faune piscicole suisse. La plupart des espèces sont typiques de cours d’eau, quelques autres dévalent du Léman. Parmi les espèces inventoriées, la truite lacustre et le blageon sont fortement menacés; l’ombre et le spirlin, quant à eux, ont le statut d’espèces menacées.
En aval de la Jonction, le Rhône reçoit les eaux de l’Arve, froides et limoneuses. Ces conditions limitent le développement des poissons dans la partie amont de la retenue de Verbois. Entre Vernier et le barrage, les conditions s’améliorent un peu, car les limons décantent; la présence de roselières favorise le développement du brochet. On ne retrouve qu’environ la moitié des espèces de poissons recensées dans le Rhône amont. »

Page 47, nous trouvons encore parmi les Mesures de revalorisation :

«  - Construction de passes à poissons dans le cadre de la modernisation du barrage de Verbois et du renouvellement de la concession du barrage franco-suisse de Chancy-Pougny, afin de permettre la libre circulation de la piscifaune sur tout le cours du Rhône, de l’Etournel au lac.[...]
- Reconstitution de milieux aquatiques annexes, comme des roselières et des cariçaies sur les deux berges du Rhône en divers points, exemples : à Chèvres et au bois des Fonds à Loëx, entre autres. [...]
- Etangs sous la campagne Cayla, en aval du pont de la Jonction (pont CFF), associé aux aménagements de zones de reproduction pour les poissons (frayères) dans le Rhône. »

Enfin, pour d'autres informations sur ce lieu, vous pouvez prendre connaissance des articles ci-dessous :

- La Ville ne veut pas lâcher les bords du Rhône, publié le 8 août 2020 sur le site de la Tribune de Genève, qui indiquait notamment ceci :

« l’association [Rhônature] ne compte pas sur la répression. "Nous aimerions mettre en place un projet qui permette aux amoureux de la nature de se réapproprier le site. Nous en avons parlé aux SIG, propriétaires de la roselière, qui se disent ouverts à l’idée. En revanche, les services du Canton ne semblent pas intéressés à s’investir pour ce lieu. Mais nous avons interpellé deux conseillers d’État et attendons encore leur réponse." »

- L’article L'effeuillage aquatique du fleuve s’admire d’un pont à l’autre, paru dans la Tribune de Genève du 20 mai 2021, qui montre une image de la roselière que l'on distingue non loin, un peu plus en aval du muret qui vous intéresse. Nous lisons sous l’image ce qui suit « Devant la roselière située sous Cayla, une plage est apparue, qui s’avance dans le fleuve. ».

Enfin, dans l’article Une clôture en bois naturel fait la haie d’honneur à la roselière sous-Cayla, paru dans la Tribune de Genève le 27 octobre 2021, nous pouvons encore lire ceci :

« Compte tenu de son occupation régulière, particulièrement durant l’été, sa désignation de réserve naturelle était devenue impropre avec le temps. La roselière située sous-Cayla, sur la rive droite du Rhône, à mi-distance entre le pont ferroviaire de la Jonction et le pont Butin, n’avait plus rien en effet d’une zone protégée.
Une barrière d’un autre âge, piétinée de partout, encourageait à sa manière défaite les franchissements de toutes sortes. Anciennement dédié à la préservation de la biodiversité, le site s’était mis à héberger en surface une diversité beaucoup plus humaine et envahissante dans ses pratiques. »

Dans cet article, vous pourrez notamment lire les propos du directeur du Service du paysage et forêts au sein de l’Office cantonal de l’agriculture et de la nature (OCAN).

Vous trouverez d’autres articles parus sur le sujet sur le site de Rhônature.

Nous espérons que ces éléments vous aideront dans votre recherche. N'hésitez pas à nous recontacter pour tout complément d'information ou toute autre question.

Cordialement,

www.interroge.ch

Service de référence en ligne des bibliothèques de la Ville de Genève

  • Dernière mise à jour 31/03/2025
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